Commencer la visite par la façade ouest ; suivre les numéros dans l'ordre
et finir la visite par la place Saint-Paul, à l'emplacement du cloître médiéval.
1 - Façade occidentale de style gothique, à trois portails.
Portail sud (à droite) : anges musiciens et prophètes (fin XIVe s.) ;
portail nord (à gauche) : anges musiciens et choristes célébrant le
couronnement de la Mère du Christ (voir les anges portant la couronne)
(milieu XVe s.) ; portail central : sur les trois voussures,
un condensé de la Bible en images : prophètes et rois, scènes de l'Ancien
Testament et scènes de la vie du Christ (seconde moitié du XVe s.).
2 - Façade intérieure : verrière (XXe s.) de la grande baie à rosé et lancettes
ornée des armoiries des sièges épiscopaux qui relevaient de l'archevêque
de Vienne avant la Révolution.
L’INTÉRIEUR
Église à trois nefs, sans transept.
A la cathédrale romane (milieu XIIe s.) appartiennent les travées 5 à 11
de la nef (à l'est du point 5 du plan) : arcades jusqu'au niveau dutriforium,
bas-côtés, une soixantaine de chapiteaux (ces sculptures constituent un
ensemble iconographique d'une rare ampleur), et quelques éléments en
remploi dans la construction gothique (n° du plan 11c, 12, 14, 29, 35).
A la campagne gothique (XIIIe - début XVIe s.) appartiennent le chœur
dont l'abside est réédifiée sur le soubassement de l'abside de la construc-
tion romane (XIIIe s.), le triforium, les fenêtres hautes et les voûtes de la
nef centrale, les quatre travées occidentales avec les clés de voûte ornées
des armoiries des familles ou des chanoines bienfaiteurs (XIVe - XVe s.),
les chapelles latérales ouvertes sur les bas-côtés (XIIIe - XVe s.), les
portails de la façade (n° 1 du plan), et quelques restes de monuments
sculptés (n° 9, 15) qui proviennent peut-être du jubé. Des chapelles
qui s'ouvraient sur le cloître (n° 30) ne subsistent plus que la chapelle
fondée en 1495 par Claude de Virieu (n° 32).
3 - Vitraux du maître-verrier Thomas (1954).
4 - Chapelle des Naillac. Tombeau de Pierre de Naillac (chanoine de
la cathédrale) et de son frère Antoine, de style gothique flam-
boyant (fin XVe s). Peinture murale : la Crucifixion (XIVe s.).
5 - Emplacement de la façade de la cathédrale romane (XIIe s.)
6 - Chapiteau roman les Saintes Femmes au tombeau. (Cane postale 34)
7 - Chapiteau roman l'entrée de Jésus à Jérusalem. (Carte postale 32)
8 - Chapiteau roman le roi David musicien. (Carte postale 28)
9 - Groupe sculpté des Rois Mages devant Hérode (XIIIe s.)
10 - Chapelle Sainte-Apollonie : épitaphe du roi de Bourgogne- Provence
Boson (f 887) enseveli dans la cathédrale (copie de l'original faite au
XIIIe s.).
11 - a, b : fûts de colonnes torses romaines en marbre ; c : frise du
zodiaque (XIIe s.).
12 - Statues romanes de saint Pierre (à gauche), de saint Jean et
Saint Paul (à droite).
13- Chaire en marbre. (1833).
14 - Chapiteaux romans en remploi : a, Jésus et deux disciples sur la
route d'Emmaùs ; b, le repas à Emmaùs.
15 - Groupe sculpté de l'Adoration des Mages (XIIIe s.).
16 - Suite de tapisseries flamandes (fin XVIe s.), aux armoiries du
chapitre cathédral, relatant la vie et le martyre de saint Maurice
et de ses compagnons de la légion thébaine. a, le baptême à Jérusalem ;
b, Maurice est reçu au palais impérial de Dioctétien à Rome ; c, il refuse de
sacrifier aux dieux paiens ; d, la légion est décimée ; e, Maurice est décapité
avec quatre compagnons.
17 - Chapiteau roman : la résurrection de Lazare. (Carte postale 39)
18 - Mur, porte et baie appartenant à l'église romane (XIe/XIIe s.).
19 - Tableau d'Alexandre Desgoffe (1859) : saint Maurice à cheval
reçoit la palme du martyre.
20 - Vitrail de la fin du XVIe s. : l'Adoration des Mages ; au registre
inférieur, le donateur est représenté avec son saint patron (saint Antoine),
entre saint Maurice (à gauche) et saint Jacques (à droite), patron de la
chapelle.
21 - Mausolée des archevêques de Vienne, Armand de Montmorin et
Henri-Oswald de la Tour d'Auvergne, par le sculpteur René- Michel Slodtz
(1740-1747).
22 - Maître-autel, réalisé par René-Michel Slodtz (1747), avec des marbres
antiques de la ville de Rome.
23 - Siège épiscopal en pierre (XIIe s.).
24 - Vitraux de l'abside réalisés par Lucien Bégule (1898), dans le style
des verrières du XIIIe s. ; de part et d'autre de la Rédemption (dans l'axe),
scènes illustrant des épisodes de l'histoire de l'Église de Vienne (saints
patrons et martyrs, évêques...).
25 - Vitraux des baies hautes de l'abside (fin XVIe s.) : dans l'axe, saint Maurice et saint Pierre.
26 - Sur le soubassement de l'abside, et au-dessus du triforium : frises à incrustation
de ciment coloré : végétaux, animaux affrontés, centaures, têtes de rois et d'évêques... (XIIIe s.).
27 - Tombeau de Guy de Maugiron, gouverneur du Dauphiné (+ 1555).
28 - Chapelle Saint-André (chapelle de prière aménagée par l'association
Cathédrale Vivante en 1994).
28 bis Nouvel autel réalisé par Philippe Kaeppelin (1997)
L'EXTÉRIEUR
La place Saint-Paul (au nord) a été aménagée au début du Premier Empire à
l'emplacement des deux cloîtres et des bâtiments du chapitre.
On peut voir encore, sur les murs, des inscriptions funéraires (XIIe- XIIIe s.)
de membres du clergé de la cathédrale, de dignitaires du chapitre ou de laïcs.
Sur le côté méridional, la rue Calixte II (du nom de l'évêque de Vienne,
Gui de Bourgogne, élu sous ce nom à Cluny comme pape en 1119)
occupe l'emplacement du cimetière des pauvres.
29 - Porte nord : linteau avec griffons (remploi antique), archivolte décorée de
rinceaux (remploi roman).
30 - Emplacement du cloître Notre-Dame (XIIIe s.), détruit en 1804.
31 - Traces des trois travées d'une des trois chapelles qui avaient été construites sur le côté est du cloître, au XIIIe s.
32 - Sur le côté nord de l'ancien cloître, chapelle Saint-Théodore, fondée à la fin du XVe s. par Claude de Virieu.
33 - Vestiges de la porte monumentale du palais épiscopal.
34 - Cloître du chapitre de la cathédrale, détruit pendant les guerres de Religion.
35 - Arcature romane (XIIe s.) remontée sur les murs gothiques.
36 - A la base des murs gothiques, blocs à bossage et remplois antiques.
LES GRANDES HEURES DE LA CATHÉDRALE SAINT-MAURICE
IIIe s. : création du siège épiscopal de Vienne.
Fin du IVe s. : sur le même site qu'occupe la cathédrale actuelle,
construction du quartier épiscopal : cathédrale dite "ecclesia",
églises, baptistère, maison de l'évêque. En janvier 361, l'empereur
Julien y assiste à la fête de l'Epiphanie.
Début du VIe s. : l'évêque saint Avit restaure le baptistère.
V-IXe s. : l’ecclesia est placée sous le patronage des frères Maccabées.
début VIIIe s. : introduction du culte des reliques des martyrs de la
légion thébaine, saint Maurice et ses compagnons, dans une
annexe voûtée de la cathédrale.
Début IXe s. : création d'une communauté de chanoines régie par une
règle. L'usage du vocable Saint-Maurice se généralise peu à peu
pour désigner la cathédrale, qui est agrandie vers l'ouest d'un
sanctuaire consacré au Sauveur et utilisé par le chapitre des
chanoines.
887 : le roi de Bourgogne-Provence, Boson, est inhumé à Saint-
Maurice (cf. n° 10 sur le plan)
XIe s. : reconstruction de la cathédrale par l'archevêque Léger
(1030-1070).
9 février 1119 : l'archevêque de Vienne Gui de Bourgogne qui vient d'être
élu pape à Cluny sous le nom de Calixte II est couronné dans sa
cathédrale. Il accorde peu après au siège épiscopal de Vienne la
primauté (honorifique) sur les sièges métropolitains des six
provinces ecclésiastiques du sud de la France.
Vers 1140/1160: reprise de nouvelles campagnes de reconstruction de
la cathédrale, selon le style roman.
XIIIe s. : l'évêque Jean de Bernin (1218-1266) reprend les travaux en
délimitant le nouveau périmètre agrandi de l'église.
20 avril 1251 : le pape Innocent IV consacre la cathédrale, dédiée
définitivement à saint Maurice.
XIIIe-XV s. : suite des travaux : élévations, voûtements de la nef
centrale, portails de la façade, chapelles latérales.
Oct. 1311 - avr. 1312 : séances solennelles du concile œcuménique, en
présence du pape Clément V et du roi de France Philippe IV ;
abolition de l'ordre des Templiers.
Début XVIe s. : achèvement de la nef et de la façade, et fin des travaux.
Juillet 1548 : le cœur du Dauphin François, fils de François Ier, est
déposé dans le chœur de la cathédrale.
20 mars 1561 : les bandes de Réformés s'attaquent aux statues de la façade.
Mai-juin 1562 : nouveau saccage de la cathédrale par des compagnies
huguenotes.
17 oct. 1567 : nouvelles dévastations par les Réformés.
1693 : le prédicateur J.-B. Massillon prononce l'oraison funèbre de
l'archevêque Henri de Villars.
Juillet 1790 : en vertu de la Constitution civile du clergé, l'évêché de
Vienne est supprimè ; la cathédrale échappe à la vente des biens
religieux nationalisés. Pendant la Révolution, elle est un lieu de
réunion d'assemblées populaires et patriotiques ; elle sert ensuite
de grenier à fourrage, ou de casernement.
Juin 1802 : l'église est rouverte au culte comme église paroissiale.
1869 : incendie du clocher nord.
Février 1988 : commémoration solennelle en l'honneur de Gui de
Bourgogne ,archevêques de Vienne de 1088 à 1119.